lundi, mai 22, 2006

Du poids de l’ex-conjoint

Un an et demi qu’on est séparés. Et il me pèse. Je ne supporte plus que mon mode de vie dépende du sien. Je ne supporte plus son poids, son influence sur ma vie, les impacts de sa vie sur la mienne. Je voulais qu’on puisse rester en bons termes, pour Alexandre, je me suis adaptée à chacun de ses changements successifs de vie ou de projet de vie, ça me semblait être important. Je me veux plus que ma vie soit bouleversée à chacune de ses sautes d’humeur, à chaque changement de copine ou chaque nouveau projet de boulot. Je ne veux plus m’adapter, je veux savoir où je vais, je veux pouvoir construire ma vie.

Je l’ai vu lundi. Une heure, à peine… Les 45 premières minutes ont été calmes (en apparence du moins). J’étais prudente, je prenais soin de chacune de mes phrases, sur le fond et la forme…

Je suis pris quelques baffes virtuelles, quelques unes, sans rien dire. Lui qui ne vit pas le quotidien m’a donné un cours sur l’éducation dont Alexandre a besoin. Monsieur a constaté qu’Alexandre parle mal et il estime qu’il faut redresser la barre avant qu’il ne soit trop tard. (Pourquoi cette prise de conscience subite, il ne l’écoutais pas avant ?) Alors, il m’explique qu’il ne faut pas jurer face à Alexandre (ça, c’est certain, j’avais besoin qu’il me le dise) Et c’est lui qui m’explique également qu’il faut reprendre Alexandre quand il hausse le ton ou qu’il est vulgaire (non sans blague !!!) Et c’est lui qui m’explique qu’il faut le reprendre quand il écorche les mots ou fait des fautes de conjugaison (Ah bon, tu crois ???) etc…

Toutes ses questions en biais, ses sous-entendus sur la mauvaise éducation que je lui donne, est-ce que je lui en donne seulement une, d’éducation ? A l’écouter, non. Soit je fais mal, soit je ne fais pas. Dans tous les cas, c’est le contraire de ce qui devrait être.

Une question directe, pas mal celle-là : Et tu lui coupes les ongles parfois ???? !!!! J’ai réussi à lui répondre en riant qu’il pouvait aussi me demander si je lui donnais le bain. Dur de ne pas lui rentrer de dedans, j’espérais encore éviter un conflit…

Et les dernières minutes, courtes mais violentes. L’explosion. Sur le trajet du retour, cinq minutes à peine, les éclats de voix. Je me maîtrise sur le fond, mais pas sur la forme, je suis sèche, certainement agressive. Lui ne retient plus rien, ni le fond et ni la forme. Je crois qu’il maîtrise parfaitement ce qu’il dit quand il utilise son ton glacial, aussi quand il est ironique. Les mots ne dépassent pas sa pensée. Ils sont sa pensée et ça me rend folle. (comment peut-il me mépriser autant ? comment a-t-il pu passer autant de temps avec moi s’il me trouve méprisable à ce point ? comment ai-je pu passer autant d’années avec lui ? comment ai-je pu être aveugle à ce point ?)

Durant ces quelques minutes violentes, mes sentiments se sont bousculés. C’est allé vite, très vite. A chaque affrontement, c’est plus violent, ou est-ce moi qui supporte de moins en moins ses mots ?

Ce que j’ai ressenti pendant ces quelques minutes ?

De la colère.

De l’impuissance.

De la peur.

De la frustration.

Une envie de pleurer quelques secondes.

Et puis de la colère encore.

Une envie de frapper, une envie de frapper dans un objet, à défaut de le frapper, lui.

Je l’ai haï.

Ce que j’ai ressenti en claquant la porte ?

De la colère.

J’avais le film de ces quelques minutes devant les yeux.

J’étais autant en colère contre lui, de part ses propos, que contre moi. Parce que je me suis laissée emportée, parce qu’il a réussi à me faire sortir de mes gonds et parce que dans ces moments là, je sais que j’ouvre la porte pour qu’il déverse ses méchancetés, mesquineries, son ironie, qui me mettent encore plus en colère, je lui tends le bâton pour me faire battre.

Il me répète que de toutes façons, c’est impossible de « discuter » avec moi (discuter pour lui, c’est dire oui, je suis d’accord avec toi), ça ne sert à rien, je suis psychorigide, tant que je ne ferai pas quelque chose pour me faire soigner ça sera impossible de « discuter ». A m’écouter, on dirait cosette dit-il, comme d’habitude, alors que je ferais mieux de regarder d’ouvrir les yeux. Comment font les autres ? Et que je me renseigne un peu mieux aussi. Chez les autres, ça se passe comme il le dit, comme ce qu’il veut.

Impossible de discuter, oui, il a raison. Dans ces cas-là, c’est effectivement impossible. Et peut-être pas seulement dans ces cas-là en fait.

Et puis, après avoir claquée la porte, j’ai pris du recul et me suis vue depuis plus d’un et demi me débattre pour essayer de tout gérer, ma vie avec Alexandre, ma vie tout court, les relations avec Monsieur. Là , j’ai ressenti de la colère contre moi qui depuis un an et demi ne parviens pas à me sortir de cette situation, qui subis sa loi, sa volonté, ses caprices.

Je me sentais frustrée de voir que je ne maîtrise toujours pas ma propre vie, frustrée de devoir subir sa présence, et les conséquences de sa vie sur la mienne une fois de plus, de subir son instabilité une fois de plus encore.

Mais pour la deuxième fois, je suis décidée à ne pas me laisser faire, j’obtiendrai ce que j’estime juste. Pour moi, pour Alexandre, pour notre équilibre à tous les deux. La première fois, à force de manipulations, il avait obtenu de moi que j’abandonne. Cette fois-ci, il n’y arrivera pas. Et je veux qu’on aille au bout. Une bonne fois pour toutes. Quitte à passer par la phase conflictuelle que j’ai toujours essayé d’éviter, sans même vraiment y arriver…

Et quitte à ce que ce soit conflictuel, je vais également prononcer le mot tabou « pension ».

Lui qui gagne suffisamment sa vie pour satisfaire tous ses petits caprices, et s’acheter une maison avec jardin, refuse catégoriquement qu’on prononce ce mot.

J’aurai à nouveau droit à ses habituelles ironies, Cosette, sans un sous, qui vit en HLM et a du mal à boucler les fins de mois. Il pense que je « prends Alexandre pour un centre de profit et lui pour une succursale de la Banque de France. » Ca me mets hors de moi.


Je l’écris pour pouvoir le relire, dans les moments de doute, quand il tentera de me manipuler, de m’amadouer. Je veux plus subir ça. Mais je vais me préserver, et préserver Alexandre, pour qu’il ne sente pas le conflit.