dimanche, novembre 26, 2006

Des psy

Parfois, je me dis que j’ai vraiment besoin d’une psychothérapie.

On est allé voir le pédopsy samedi. Dans la semaine qui a précédé, j'étais inquiète. Et puis, le fait de pouvoir parler de p’tit père, de mes inquiétudes m’a fait du bien. Savoir qu’il va être aidé me soulage.

Mais "raconter" le contexte, c’est à dire synthétiser en deux phrases les débuts du divorce, a fait remonter plein de trucs. Noirs. Les débuts difficiles, terribles de ma vie seule avec p'tit père, notre vie à trois insupportable...

Le malaise m'a poursuivi toute la nuit ensuite. Impossible d'en sortir. Peur aussi. De quoi? De ce qui va venir, de lui. Découragement aussi, toute ma vie, il me polluera.

Et puis, le fait d’être de nouveau confronté à lui, de voir ses réactions, sa négation de certaines difficultés, - du genre ces difficultés ne se manifestent pas avec lui, parce que chez lui, avec son fils, tout va bien,- m’a mise en colère, surtout après coup, en y repensant en fait.

La pédo me demandait si selon moi, ça fait longtemps ou non qu’on est séparés (bientôt deux ans); je lui ai dit que tout était relatif et que malgré certaines difficultés, p’tit père a parcouru un chemin énorme depuis. D'abord, nos débuts à deux ont été terribles et cette période-là est loin maintenant. Et puis, il n’a jamais été aussi bien que depuis la séparation. Sa première nuit complète c’était après la séparation (à 2 ans et demi). Là, SON regard ébahi a fait remonter toutes les vieilles rancœurs, les vieux réflexes, qui ne sont pas sortis bien sûr, mais dans ma tête, raisonnaient des phrases du genre « bah! oui, tu ne t’en souviens pas, c’est pas étonnant ! Tu ne te levais jamais. C'est normal que tu n'aies gardé que peu de souvenirs de ses nuits agitées !! » L’agacement aussi, quand j'expliquais que p'tit père avait toujours des nuits agitées, devant sa réaction, l’air innocent « c’est bizarre chez moi, il dort comme un loir », genre c’est vraiment avec toi qu’il a un problème, avec moi tout se passe bien. Il ne l’entendait pas pleurer alors que tout bébé, p'tit père hurlait dans son sommeil et nous étions tous au même étage! Maintenant, p'tit père ne crie plus, il sanglote dans son sommeil et ils ne dorment pas au même étage…. Mais si si, assure-t-il, il l’entendrait s'il pleurait chez lui !!

« Ca serait bien, me dit-il, si l’année prochaine, p’tit père et le fils de sa copine pouvaient aller ensemble à l’école, vivre ensemble, ça ne changerait rien pour toi, tu l’aurais un week-end sur deux, la semaine ça n’est que de la contrainte. »

C’est ça, oui pour qu’au final, ça ne soit même pas son père qui s’en occupe le soir… Une fille au pair ou sa copine, c’est certain, c’est que c’est mieux que sa maman, non ????

Et puis combien de temps va-t-il habiter là le fils de sa copine ?? Sa mère va retravailler dans un mois, je leur donne 6 mois pour qu’elle plie bagages, la pauvre. La cata ! Mon petit bonhomme seul avec son père qui bosse à perpète, part en déplacement dans toute la France et toute l’Europe…

Quelles sont ses vrais motivations pour demander la garde ? Il sait bien que ça ne serait pas lui qui s’en occuperait. Mais bien sûr, ils amortiraient plus une fille au pair si elle s’occupait de deux enfants … Et puis, c'est évident qu'il arrêterait de payer le peu de pension qu’il paye,(il serait même capable de me demander une pension) et puis, il gagnerait ½ part fiscale, et puis, son fils irait à l’école à côté de chez lui, lui ne se taperait plus les bouchons sur les 10 km qui nous séparent. Ce n'est pas pour son fils qu'il veut changer, c'est pour lui, pour son petit confort et comme toujours pour son portefeuille, pourtant bien bien bien rempli.

Et là, ce soir, il me le ramène en me disant qu’il faut l’emmener chez le médecin, qu’il est encore malade (sous-entendu, tu l’emmèneras, c’est un ordre) Il n’est pas capable de dégager du temps pour l’emmener chez le médecin, (alors qu'il avait le carnet de santé cette fois-ci) Il ne connaît même pas le pédiatre mais veut la garde !

Il n'emmène pas son fils chez le médecin quand il est malade mais se sent supérieur au médecin et se permet de dire que le traitement est inadapté. Il ne soigne pas son fils (les antibiotiques, pour lui, il n'y a que ca qui soigne, pas le reste, donc tant que ce ne sont pas des antibio, il ne suit pas) mais se permet de me dire ce qu'il faut faire !

Pour une fois qu’il m’avait dit l’heure à laquelle il me ramenait son fils ce soir, ils sont arrivés super-tard. J’ai même pas cherché à dire quoi que ce soit, quand j’ai vu son attitude fermée, et tous ces vieux signes bien connus que je n’avais pas vu chez lui depuis longtemps, transpiration impossible à camouffler alors qu’il fait froid et qu’il est sans manteau, tenue à moitié débraillé, la tête du dimanche soir après la journée à bouffer et boire. J’ai eu confirmation par mon fils, ils étaient bien chez mamie tous les deux. A quel point était-il bourré? Dans quel état a-t-il conduit avec p'tit père à l'arrière ? Qu'il aille picoler seul avec sa mère s'il le veut, je m'en fout ! mais PAS avec mon fils !

Il me dégoûte. J’ai compati quelques secondes, la pauvre fille qui va devoir supporter la vue de ce gros transpirant, dégoulinant toute la soirée, beurk…

Comment ais-je pu hésiter une seconde samedi ? Comment ai-je pu lui faire confiance une seconde samedi? Il a sorti son numéro de Directeur Commercial, d’homme respectable, posé, réfléchi, responsable, gérant tout au mieux, faites-moi confiance, vous pouvez compter sur moi. Et là, ce soir, je le vois tel qu’il n’a pas changé, irresponsable, égoïste, capricieux, impossible d’être à l’heure, de gérer des contraintes, de tenir une parole… Baratineur. Manipulateur.

Il sort son numéro, séduit tout le monde de l'extérieur, de loin. Tout n'est que facade, apparences. Il est le contraire de ce qu'il parait, il est dangereux. C'est khaa dans le livre de la jungle, il hypnotise ses proies pour pouvoir en faire ce qu'il veut. C'est un rouleau-compresseur, il obtient toujours ce qu'il veut.

Tout ca continue à me rendre malade, il me fait peur, il m'angoisse, m'inquiète. Je connais son pouvoir sur les gens, sa capacité à les tromper, à obtenir toujours ce qu'il veut.

Est-ce qu'un jour je pourrai lui dire non sans avoir peur des conséquences ?

4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

peut-être suffit-il d'essayer?

8:55 AM, novembre 27, 2006  
Blogger Second Souffle said...

Avant, je lui disais franchement non, retour immédiat, flot de paroles contrôlées ou incontrôlées qui me laminait, me mettait en colère, me faisait aussi sortir de mes gonds à mon tour. Et puis, suite à cela, il se fermait et faisait tout pour me mettre des batons dans les roues, jusqu'à ce qu'il se calme et veuille autre chose.
Maintenant, après que je lui ai refusé quelque chose sans prononcer le mot NON, il n'y a plus que le deuxième effet kiss cool, conflit sur le long terme, mais au moins il n'y a plus l'explosion dévastatrice...

10:53 AM, novembre 27, 2006  
Blogger Gregory Sey said...

La meilleure des claques c'est parfois l'ignorance, l'indifférence.
Parce qu'au fond le mieux c'est de lui montrer qu'il ne t'atteind pas, qu'il ne te touche plus.
Parce qu'au fond ce qui compte c'est ton fils et toi. Economise l'énergie dépensée à te rendre malade à cause de lui à autre chose. A étonner ton fils par exemple en l'émmenant quelque part par surprise, etc...
Je sais c'est facile à dire, mais c'est possible. Il faut prendre son temps. Etape par étape.
Commencer par se dire chaque jour ce que son tes priorités : ton fils et toi. Le reste?

9:44 PM, novembre 27, 2006  
Blogger Second Souffle said...

Merci imparfait présent. Tu as probablement raison, même si dans la pratique, jouer l'indifférence n'est pas toujours possible.
Ce qui est certain, c'est que je devrais effectivement cesser de gaspiller mon énergie à me rendre malade. J'ai largement de quoi l'utiliser et plein de bonnes idées pour cela !!!

4:52 PM, novembre 28, 2006  

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